Être ou disparaître

Telle est la question ! Lorsque j’ai entendu rire mon petit neveu dans sa chambre, je n’ai pas pu résister à l’envie d’aller voir qu’est-ce qui le faisait marrer à ce point. Scotché sur son téléphone portable, il m’explique en rigolant qu’il regarde une vidéo qui explique la radioactivité d’une façon originale et comique.

Il me tend son téléphone pour que je puisse voir à mon tour ce qui se trame sur l’écran. On y voit représenté comme une framboise, un atome dit “stable” car il a été aimé par ses deux parents eux aussi stables. Tous les atomes n’ont pas eu cette chance et pour ceux là, c’est une autre histoire. Ayant manqué d’amour, ces atomes dits “instables” – représentés aussi comme des framboises – jettent des projectiles sur les autres. Ces projectiles ne sont autres que des bouts d’eux-mêmes : on les voit arracher des bouts d’eux-mêmes – des “lobes” de framboise – pour les jeter aux autres. Aussi, les atomes impactés à leur tour deviennent “instables” et jettent à leur tour des bouts d’eux-mêmes dans toutes les directions.

Est-ce que je dois vous dire que j’ai trouvé les explications plus que scabreuses ? Je n’ai rien dit à mon petit neveu mais j’ai pensé “Quelle idée saugrenue d’expliquer la radioactivité en faisant le parallèle avec l’amour qu’un enfant a reçu ou non de ses parents.”

La journée se passe ainsi et j’oublie cette vidéo abracadabrante jusqu’à la nuit tombée.

Je tourne et me retourne dans le lit sous l’effet conjugué de la pleine lune, des bouffées de chaleur et du décalage horaire et dans ma demi-conscience mais néanmoins avec une clarté surprenante les pièces du puzzle ou plutôt les morceaux de framboises se mettent en place…

Nous nous comportons dans nos vies comme des atomes “instables”.

En effet, tout se passe dans nos relations comme si nous nous lançions des projectiles les uns aux autres. Nous sommes alors là les bras tendus ou la bouche ouverte pour les attraper, les gober et regagner la part d’énergie que nous venons de lancer dans un mécanisme de défense, de peur, parce que nous avons été percutés par les projectiles d’autres.

Nous sommes des énergivores. Mais ce que nous ne voyons pas dans cette guerre de l’énergie, c’est que les projectiles que nous jetons sont des parts de nous-mêmes, des quantums de notre propre énergie que nous dispersons.

Croire qu’attraper l’énergie des autres nous rendra notre énergie est une illusion. Outre qu’elle ne nous appartient pas et qu’elle crée un déséquilibre chez l’autre (une instabilité), elle n’est tout simplement pas adaptée à nos besoins et notre corps fera c’est sûr un rejet.

Ainsi, soit on est bercé dans l’illusion d’avoir plein d’énergie et on peut ne rien voir pendant longremps, soit on se retrouve sans plus aucune énergie, le corps est épuisé, fatigué et cela peut déclencher une prise de conscience pour changer de comportement.

A quoi ressemblent ces projectiles et qu’est-ce qu’il y a dedans ?

Les projectiles se sont en fait nos comportements à travers lesquels nous véhiculons, envoyons des informations, des messages aux autres… explicites mais surtout implicites. Nous envoyons des messages pour satisfaire nos différents besoins de s’alimenter, dormir, avoir chaud mais aussi de reconnaissance, de réconfort, d’appartenance, de liberté dans cette idée que les autres les satisfassent ou nous ai- dent à les satisfaire en nous envoyons des messages à travers eux aussi leurs comportements.

Nous entrons alors dans un système complexe de relations aux autres fondées sur l’échange : l’échange pour pouvoir satisfaire nos besoins. Tout ce qui se régénère peut être prélevé et s’échanger en soi, tout sauf l’énergie notamment quand il s’agit de la NÔTRE !

Cette énergie c’est une partie intégrante de nous, elle fait partie de nous, elle nous appartient en propre et elle est, intrin- sèquement liée à notre incarnation : notre corps. C’est ce que les Chinois appelle le Qi, le Souffle. Elle est UN.

Sans elle pas de vie.

Le problème, vous l’avez compris, c’est que nous moneyons” notre énergie comme une marchandise. Ainsi, nous croyons pouvoir acheter aux autres de leur énergie pour satisfaire nos besoins.

Pour cela, nous la fragmentons pour en donner des bouts ici et là en échange de reconnaissance, de liberté, d’Amour. L’enjeu est d’ exister aux yeux des autres et à nos yeux au tra- vers des leurs. Jeux de miroirs, un jeu perdu d’avance car per- sonne d’autre que soi-même ne peut satisfaire ces besoins là…

Ainsi, nous perdons notre intégrité… nous perdons notre unité… nous nous fragmentons et nous pouvons passé ainsi des vies à répéter en boucle ce schéma nourri par nos peurs : peur de manquer d’énergie, d’Amour; peur de ne pas exister, de mourir…

Tout commence bien par une histoire d’Amour ou de Désamour.

Nous héritons et reproduisons ce cannibalisme énergétique car les peurs se transmettent de génération en génération.. Elles sont nourries par cette croyance implicite que pour exister il faut manger l’autre (le faire disparaître). Car il s’agit bien de cela, exister, vivre… survivre. Aussi, nous apprenons de nos parents les comportements adéquats pour cela. Et nous ne savons pas faire autrement… nous n’avons pas appris à faire autrement.

On nous a appris à avoir peur.

On ne a pas appris à aimer.

Ainsi, nous nous “mangeons” les uns les autres et ne croyons pas que nous sommes de pauvres victimes. Nous ne pouvons être mangés que parce que nous l’autorisons. Autrement dit, nous sommes autant les proies consententes de ce gigantesque festin tout autant que les prédateurs affamés.

Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que nous passons un contrat implicite, un contrat inscrit dans nos gènes par la transmission et la répétition de ce que nous avons appris de nos parents et nos parents des leurs et avant encore : tu peux me manger si tu me laisses te manger… plus “civilisé”, tu peux me prendre de l’énergie si tu m’en donnes… plus “compréhen- sible”, je t’aime si tu m’aimes… Ainsi, notre Amour est conditionnel. Nos vies sont ainsi conditionnées par ces milliers de contrats implicites passés avec les personnes que nous connaissons, la société. Autant de conditions négociées à notre insu pour rassurer la peur en nous mais en fait qui ne font que l’entretenir et même la renforcer. Autant de conditions qui nous fragmentent un peu plus… Nous vivons dans le monde de la peur… un monde chaotique où des milliards de bouts d’énergie sont dégagés puis perdus… et nous l’autorisons…

Choisir l’Amour : restaurer l’unité et être.

Il “suffit” de ne plus négocier l’Amour car l’Amour véritable est inconditionnel, absolu. Il permet de reconnaître chaque chose, chaque être vivant dans ce qu’ils sont parce qu’il n’y a plus de peurs. Il n’y a plus la peur de disparaître en reconnais- sant l’autre tel qu’il est, dans ce qu’il est car ce qu’il est n’est ni une menace à ma survie, ni une source d’énergie : il EST et je SUIS et c’est TOUT. Il n’y a rien à négocier, il y a juste à être ENSEMBLE – dans l’espace, le temps, l’instant… comme on EST avec la rivière qui coule sous nos pieds ou la montagne que l’on voit devant nous.

Restaurer notre unité c’est se reconnecter à soi et rester connecter à soi. De nombreuses pratiques existent comme la méditation, le yoga, le tai chi chuan, le chant et bien d’autres encore. Quel que soit la discipline, choisissez votre (vos) guide(s) car il faut être guidé pour faire ce chemin en soi et vers soi : comprendre, SENTIR que l’énergie est en NOUS à l’intérieur de NOUS et qu’elle est UN… INDIVISIBLE

Elle ne peut pas s’échanger, ni se donner, ni se négocier, ni s’offrir, ni se partager. Elle EST et de ÊTRE elle RAYONNE et se TRANSMET pour se démultiplier…

UN nous pouvons rayonner de notre propre énergie et la laisser juste ÊTRE, EMANER de nous. C’est une énergie qui se nourrit d’elle-même, elle est infinie, renouvelable, durable.

Cette énergie, elle n’est pas bien loin, elle est DEDANS nous… et pourtant quel chemin pour la toucher et la ressentir.. mais c’est peut être aussi simple qu’une inspiration et une expiration….

Cette énergie s’appelle l’AMOUR…

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