Alors que tout se « smart-érise », quel genre d’humain souhaitons-nous être ?

© Artyom Kim – Unsplash

Après les smarties, les smartphones, voici venu le temps des Smartcities et de l’Homme augmenté version Bêta.

Après quoi courons-nous ? Qu’est-ce qui explique cette frénésie autour des choses « smart », de ces choses « intelligentes » ?

Je me rappelle qu’en 2017, les projets des lauréats du concours lancé par le journal « Le Monde » sur le thème de « Smart cities 2017 » rivalisaient de créativité en technologies intelligentes pour rendre nos quotidiens plus agréables, plus faciles, plus confortables…
Pourtant parmi ces projets de villes « high tech, hyper connect », le projet de l’entreprise Récipro-cité se démarquait dans son « no tech ». Elle faisait le pari du … lien humain !

white and brown human robot illustration
© Frank V. – Unsplash

Terminator : un film « prophétie » ?
Les machines ont été conçues pour soulager l’Homme : automatisation, voitures, robot-ménagers, etc. Puis, les premiers ordinateurs apparaissent capables de traiter de multiples données, d’exécuter des calculs et résoudre des équations complexes. Une révolution puisqu’aujourd’hui sans ordinateur, il est bien difficile de faire quoi que ce soit. Ainsi, administrer, gérer, compter, planifier, dessiner, imprimer, commander, acheter… toutes les tâches peuvent être maintenant réalisées par des ordinateurs et des programmes toujours plus puissants, performants, rapides ce qui les dotent de cette intelligence …
Un cap a été définitivement franchi dans cette « smartance » : Google vient de faire cette expérience d’apprendre à deux robots à négocier entre eux en anglais. Après quelques heures, les robots étaient capables non seulement de négocier mais dans un langage qu’ils avaient inventé et… incompréhensible pour les humains qui les avaient créés… La machine dotée d’une vraie intelligence avec la capacité de penser et d’inventer…

Le paradoxe
Si cette « intelligence artificielle» a réussi à simplifier le quotidien de l’Homme et à lui faire gagner du temps, cela est à nuancer. Qui n’a pas passé du temps à essayer de résoudre des bugs informatiques. Outre être des sources inépuisables d’agacement, d’énervement, ces grippages du fonctionnement logique et mathématique de la machine sont fabuleusement chronophages !
Ainsi avec la multiplication dans nos quotidiens de ces petites choses intelligentes, nous nous trouvons confrontés à ce paradoxe : alors que nous avons des technologies de plus en plus performantes sensées nous faire gagner du temps, nous vivons une époque où nous n’en avons jamais autant manqué !

© Pat Kay – Unsplash

Accélération…
La performance des processeurs traduite par un rapport volume d’informations traitées par unité de temps ont changé notre rapport d’Humains au temps en accélérant nos rythmes de vie. Nos quotidiens sont marqués par une contraction du temps qui au lieu d’en libérer est un prétexte pour faire toujours plus de choses. C’est ainsi, que derrière le « smart » de nos objets quotidiens et bientôt de nos lieux de vie, l’immédiateté s’invite. Nous voulons, nous exigeons TOUT… de suite… nous l’exigeons des machines… de façon plus surprenante mais bien réelle des autres Humains à commencer par nous-mêmes…
Est-ce que c’est cela la smart high tech : vivre au rythme des pulsations des processeurs, des puces électroniques ?
Est-ce ce pacte là que nous avons signé pour nous « simplifier » la vie : se simplifier la vie jusqu’à synchroniser nos pulsations cardiaques, nos rythmes naturels, notre humanité au rythme des pulsations de processeurs ?

Connecté(e) ou déconnecté(e), telle est la question
Même dans la sémantique, alors même que la parole (choix des mots, sens) est propre à l’être humain, les machines prennent le dessus ! On dit de quelqu’un qu’il est connecté quand il est « branché » sur une machine et lien avec d’autres humains via des machines connectées entre elles, on dit qu’il est déconnecté quand il n’est plus branché au réseau des machines…
Pourtant, n’est-ce pas plutôt l’inverse ? Quand on se débranche du réseau des machines, ne sommes-nous pas plutôt connectés à nous-même, aux autres humains, à notre environnement, à la Nature… connectés à notre Humanité, à l’Humanité, à notre Essence.

© Colin Moldenhauer – Unsplash

Marcher
Lorsqu’on regarde la nature et les autres espèces vivantes, chacune est conçue pour vivre à un certain rythme : les yeux, les muscles, les os, etc, tout est dimensionné de façon parfaite pour permettre de se déplacer à une certaine vitesse.
Cette vitesse de 4 km/h pour l’Homme correspond à un rythme d’équilibre qui lui permet de vivre en équilibre avec lui-même, avec les autres, avec la Nature.
Ce rythme d’équilibre est celui de la marche à pied qui permet à notre corps de ressentir, d’absorber la nourriture, les informations, les digérer, d’être ancré, connecté à la Vie, notre vie… c’est sans doute pour cela que beaucoup de personnes apprécient de marcher…

Questionnements…
Les humains sont-ils devenus inaptes à entrer en contact entre eux qu’ils se cachent derrière des ordinateurs pour communiquer entre eux ?
Les humains s’aiment-ils si peu qu’ils se retranchent derrière la technologie pour se rencontrer, partager, échanger entre eux ?
Les humains ont-ils si peu de conscience de la vie qu’ils inventent des machines pour s’émerveiller de les voir s’animer comme des êtres vivants ?
Les humains ont-ils si peur de vivre qu’ils vivent par machines interposées ?

Et vous quel humain voulez-vous être ?

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